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« Documentaire Installé » Article (Mon œil)

Exposition Panorama 15-Thursday 13 June 2013

« GRÜSSE AUS TOURCOING ! » La Gaieté Lyrique.

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Yasmina Benari, A Familiar Place, Installation, 2013. Production Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains

Parmi les installations proposées, on retiendra surtout celles qui échappent à la surenchère technologique susmentionnée et dont l'intérêt repose sur une idée-force éloignée des considérations sur le processus (un des travers principaux des promos antérieures, comme si un peintre était fasciné par son pinceau ou par la trace que celui-ci dépose). Il n'est de meilleure technique que celle qu'on oublie et c'est précisément ce qu'on se dit devant le projet de Yasmina Benari, A Familiar Place. Cette « installation documentaire » interroge longuement Albert Arié, alias « Titi », un juif égyptien communiste qui vit dans le même appartement du Caire depuis 78 ans. Son balcon donne sur la place Tahrir, ce qui lui a autant permis d'observer la révolte populaire de janvier 2011 que celle de 1952. À travers des vidéos et des photographies, on rentre dans l'intimité de ce témoin et héros privilégié de l'Histoire égyptienne (il fut condamné pour son opposition au régime). La force de l'installation de Yasmina Benari est d'offrir un contrepoint à la parole et au visage de « Titi » grâce à un écran qui figure son balcon, et donc son poste d'observation favori. Le regard plonge dans la place Tahrir, qu'on voit palpiter sous nos yeux, juste sous la nef du Fresnoy. Le parcours de l'installation dessine le passage d'un espace passé intérieur à un espace d'observation. Ce travail simple en apparence parvient à restituer la complexité des strates de l'histoire, et on en se félicite que l'équipe pédagogique du Fresnoy ait souhaité soutenir un tel projet, en prise avec l'époque tout en donnant des perspectives inédites.

 

 

Lunettes Rouges- Blog Le Monde du 27 Juin 2013

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Parmi les autres installations (je n’ai pu voir tous les films, hélas), et négligeant (comme à chaque fois) quelques installations interactives où l’amour de la technologie semblerait avoir primé la réflexion artistique, j’ai aussi noté deux pièces davantage ancrées dans le monde, témoignant d’une réalité politique nostalgique ou résistante. Du côté de la nostalgie, Yasmina Benari a interviewé un militant communiste juif égyptien, Albert Arié dit Titi, qui raconte ses combats depuis 70 ans et partage ses souvenirs. De l’espace clos où on l’écoute et le regarde, on peut sortir sur un balcon où on surplombe les manifestations de la place Tahrir, ultime révolution égyptienne à côté de laquelle le vieil homme est passé (A Familiar Place).

 

 

Partage d’imaginaire : le Caire comme métaphore
Albert Clermont

« Pendant deux années, j'y creuse la réalisation d'une installation documentaire, c'est-à-dire la question de la spatialisation d'un personnage, d'une vie, d'une histoire qu'elle soit individuelle et collective, dans un espace donné.»
Yasmina Benari


L’installation A familiar place de Yasmina Benari présentée dans la manifestation Orienta 6 À l’angle des possibles à la galerie Riwaq Al Founoun, à Oujda au Maroc, nous invite à nous questionner sur notre histoire contemporaine.
La trame de cette installation est soutenue par le portrait du dernier homme de la communauté juive du Caire, emprisonné pendant onze ans durant sa jeunesse pour ses opinions politiques.
La réalisation des rushs du film se situe au Caire de 2011 à 2013. Durant cette période, dans l’appartement de Titi et sur son balcon, Yasmina échange et définira la matérialité de l’écriture du film. A quelques centaines de mètres, La place Tahrir, les  évènements de la révolution arabe se déroulent suivant les rites habituels. Le rassemblement, la  prise de parole, la manifestation…
L’installation est sur deux niveaux. Au premier étage, le visiteur rencontre le portrait vidéo et les photographies parcourant la vie de Titi dans une cellule cylindrique de tissus noir épais mettant ainsi le spectateur face à lui-même dans une intériorité et de questionnement. Dans notre dos, en dehors de la cellule, du balcon du premier étage dans le vide des images des évènements de la place Tahrir au Caire sont projeté sur un écran suspendu.
Le temps de la réalisation du film inscrit le portrait de Titi, avec l’histoire de sa vie et les évènements de la place Tarhir, dans une temporalité contemporaine. Le regard de l’artiste révèle son image dans la perception des choses. Les entretiens, les photos noir et blanc, les évènements se situent dans une lecture temporelle identique. Le corps de l’artiste est omniprésent par l’effet miroir et du hors champ de l’image : la prise de vue, le montage… La puissance du questionnement se situe dans ce qui est à côté et dans l’absence.       
Le contenu se révèle par un dispositif polymorphe proposant une diversité de point de vue spatial et des médiums (vidéo, volume, diaporama). L’installation se déplie de l’espace supérieur de la galerie, du balcon, vers le vide et le rez-de-chaussée. La volumétrie architecturale devient physiquement actrice de la création, où les visiteurs de la galerie en le chorégraphiant créer une continuité topologique et historique. De ce fait, l’installation invite l’espace avec ses occupants et à en être les constituants. Conceptuellement, la ville est invitée dans l’œuvre par la continuité des choses. L’objet se poursuit bien au-delà des limites de la galerie. L’hétérogénéité de cette création offre une liberté d’appropriation à chacun.


 

 

http://orient-a.com/yasmina-benari/

http://franf.fr/emissions/lartiste-franco-egyptienne-yasmina-benari/

http://www.kisskissbankbank.com/au-balcon-de-titi

http://www.franceculture.fr/emissions/grantanfi-13-14/le-fresnoy-au-coeur-de-lutopie-25

http://www.lefresnoy.net/fr/Le-Fresnoy/production/2013/installation/484/a-familiar-place

http://lecairemonamour.net/en-us/catalog/yasmina-benari-fra

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